31 octobre 2006
Benoît Hamon sur sa décision de voter Fabius
Lettre ouverte aux amis que je conserve à Rénover Maintenant
http://lefil.blogs.com/benoithamon/2006/10/lettre_ouverte_.html
28 octobre 2006
Un appel de militants NPS du 93 en faveur de Fabius
Le 16 novembre, nous ferons le choix de Laurent Fabius
" Nous sommes des militants socialistes de Seine Saint Denis. Au dernier congrès, nous avons fait le choix de la motion présentée par le Nouveau Parti Socialiste.
Parce que nous croyons à la nécessité d'un ancrage à gauche du parti, d'une rénovation des institutions et d'une réorientation de la construction européenne, nous nous sommes engagés au NPS. Depuis, le congrès du Mans, nous avons oeuvré pour que le projet des socialistes soit porteur d'espérances nouvelles pour les citoyens de notre pays.
Notre principal engagement aujourd'hui consiste à défendre non pas une personne, mais des idées, des valeurs qui seront indispensables demain au candidat désigné pour gagner puis gouverner. La délibération collective est un élément essentiel de notre engagement et nous trouvons sain que les différents candidats puissent débattre devant les militants.
Nous sommes tout de même inquiets de la personnalisation à outrance du débat. Notre rôle reste donc essentiellement de défendre des idées résumées dans le projet des socialistes en réponse à l'attente sociale. Si nous préférons le projet à son interprète, nous devons maintenant choisir celui ou celle qui, de par la manière dont il ou elle compte l'appliquer et de par les priorités qu'il ou elle fixe, nous semble le ou la plus fidèle aux combats que nous portons. La question est donc maintenant pour nous de décider lequel de nos candidats est le mieux à même d'incarner et de mener à bien ce projet.
La stratégie de rassemblement pour la gauche dès le 1er tour, les moyens et l'agenda mis en place sur la question sociale et le pouvoir d'achat, les propositions pour la réorientation de la construction européenne, la manière de faire face à l'impact social et écologique de la mondialisation libérale, les mesures et le calendrier de réforme des institutions, les moyens pour faire vivre un parti collégialement dans le cadre d'institutions qui ne le permettent pas : tels sont les éléments essentiels qui on déterminé notre choix.
Parmi nos trois candidats, un seul se revendique clairement du projet socialiste, fruit de notre intelligence collective. Un seul apporte des réponses qui mettent en avant nos valeurs et nos exigences. C'est Laurent Fabius.
En cohérence avec nos choix, nous voterons donc pour lui et nous le soutiendrons pour que ce qu'il porte actuellement dans la campagne interne soit le plus entendu possible.
Il s'agit d'un choix fondé sur une orientation politique que nous jugeons à l'aune
de la campagne actuelle. Ce soutien n'a de sens pour nous que dans l'indépendance et l'exigence de nos convictions.
C'est forts de notre identité et de nos convictions, que le 16 novembre, nous voterons Laurent Fabius. "
Premiers signataires :
Tania Assouline Mathieu Hanotin
23 octobre 2006
Le cas travailliste, à méditer, par Philippe Marlière
Une excellente tribune très claire sur l'histoire récente du parti travailliste, parue dans Le Monde du 10 octobre :
Anciens et nouveaux adhérents, fidèles de courants et ralliés de la dernière heure, les socialistes éliront bientôt leur candidat à l'élection présidentielle. Ils feront bien entendu ce choix en connaissance des ambitions de chacun des trois prétendants. Pour éclairer leur jugement, ces militants seraient bien avisés d'étudier de près le cas travailliste. Le PS est en apparence éloigné du travaillisme britannique, mais pourrait grandement s'en rapprocher à l'issue de ce scrutin interne.
Le 12 mai 1994, le leader travailliste John Smith décéda brutalement. M. Smith était un social-démocrate attaché au lien avec le mouvement ouvrier. Il envisageait un partenariat avec les syndicats pour mettre en oeuvre le programme social de son parti (arrêt de la privatisation des services publics, instauration d'un salaire minimum, lois de décentralisation). A l'heure de son décès, l'ultra-libéralisme thatchérien était discrédité et John Smith aurait aisément remporté l'élection de 1997. Tony Blair, son successeur, fut élu par les adhérents, après que Gordon Brown, son concurrent principal, eut renoncé à se présenter.
En 1994, M. Brown était perçu comme un social-démocrate de gauche, proche des syndicats, une figure appréciée des militants. Des cadres influents du parti et des syndicats se détournèrent de lui au dernier moment. Ils estimèrent que sa réputation d'homme de gauche pourrait effrayer l'électorat flottant et que son profil intellectuel "ne passait pas" dans les médias. Issu d'un milieu conservateur, ostensiblement distant vis-à-vis du parti et, surtout, terriblement photogénique, Tony Blair reçut l'appui de l'appareil. C'est ainsi que ce grand parti du salariat se persuada de soutenir Blair : il fallait présenter aux électeurs le candidat que les sondages plébiscitaient.
Très peu de ces cadres travaillistes firent ce choix par conviction politique. Ils expliquèrent qu'une fois élu, le "droitier Tony" se soumettrait au parti et mènerait une politique sociale-démocrate. Ces barons travaillistes ne prirent pas au sérieux les propos du futur premier ministre. Mal leur en a pris. Dès 1994, Tony Blair annonça la fin de la social-démocratie britannique. Entre 1997 et 2006, il a tenu parole.
A partir de 1995, le discours travailliste, déjà très recentré, prit une tournure résolument droitière. Tony Blair entreprit de faire de son parti le parti des entrepreneurs et du business, se fit le chantre de l'économie flexible. Il affirma vouloir dépasser "l'opposition stérile" entre la gauche et la droite et promit de ne revenir ni sur la plupart des lois antisociales de l'ère Thatcher ni sur les privatisations les plus scandaleuses de cette période (les chemins de fer). Sur les questions de sécurité, il déborda sur leur droite les conservateurs, préconisant l'incarcération des mineurs délinquants.
Tony Blair discourut sur les droits et les devoirs civiques, stigmatisant les "chômeurs oisifs" qui vivent volontiers des allocations. Culturellement conservateur, il opéra une volte-face sur des questions de société, sensible aux arguments électoraux de son entourage (l'homoparentalité).
Il vanta les mérites de la démocratie participative dans un livre manifeste (New Britain, My Vision of a New Country, 1996) : il fallait, confiait-il, "décentraliser le pouvoir le plus près des gens, leur permettre de prendre les décisions qui les affectent". Ce ne furent que des paroles. Il renâcla à mettre en place les lois de décentralisation, court-circuita le National Executive Committee (l'instance exécutive du parti) au profit de structures technocratiques sous ses ordres et traita avec mépris l'opposition populaire à sa politique (guerre d'Irak, privatisation des services publics, vote d'investiture du candidat travailliste à la mairie de Londres en 2000).
Quand les syndicats s'opposèrent à ses partenariats privé- public dans les services publics (c'est-à-dire leur privatisation rampante), Blair les qualifia de "forces du conservatisme". Le New Labour facilita les adhésions par Internet à 10 livres sterling la carte. Entre 1995 et 2000, le nombre d'adhérents passa de 200 000 à 450 000. Très peu de ces nouveaux adhérents (essentiellement issus des classes supérieures) prirent part à la vie du parti. Ils votèrent en masse les réformes visant à prendre congé des politiques sociales-démocrates.
Une telle rupture avec la tradition socialiste et les attentes populaires découragea les plus dévoués des militants. Aujourd'hui, le Parti travailliste ne compte plus que 180 000 adhérents. Les syndicats, hostiles à la politique du New Labour, ont réduit ou supprimé le montant de leur contribution politique, certains encore se sont désaffiliés du parti.
A partir de 2001, le terme "New Labour" avait disparu des publications du parti, tant il était tourné en dérision par le public. Le fumeux débat sur la "troisième voie", censée théoriser la philosophie blairiste, lassa et cessa au même moment. L'amorçage d'un débat national sur la "société du respect" il y a un an a connu un bide retentissant. Les médias parlèrent à cet égard de marketing creux. Les trois succès électoraux du blairisme ont été acquis contre un Parti conservateur détesté du public et très droitier.
Le scrutin majoritaire à un tour a assuré le reste : en 2005, avec 35 % des votes exprimés, le Parti travailliste a obtenu 55 % des sièges. Lors de ces trois élections, le vote travailliste a dégringolé de 13,5 millions à 10,7 millions, puis à 9,6 millions de voix. Le taux de participation est passé de 72 % à 59 % entre 1997 et 2001. L'abstention atteint un niveau record en Europe chez les jeunes et les catégories populaires. Dix ans après, le candidat des sondages a vieilli ; son sourire un peu figé se fait désormais rare. Il va laisser derrière lui un parti en ruine et un Royaume-Uni plus néolibéral que jamais.
Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l'université de Londres.
Article paru dans l'édition du 10.10.06
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-821494,0.html
20 octobre 2006
«Journalistes à babord présidentielles à tribord...» Par JOEYSTARR
à voir dans le Libération d'aujourd'hui :
" Parmi les réponses à tout ce qui concerne la délinquance, quand j'entends Royal parler de camp militaire, on sait déjà où ça existe. Faut gratter un peu, les mecs. Ça me dérange ça. Et puis surtout, Royal, elle a dit ça à une période où tout le monde surenchérissait, Sarkozy avait sorti ça, donc elle surenchérissait. C'est flippant.
Je ne suis pas conquis par ce genre d'argument qui veut qu'une femme peut faire de la politique de manière différente. ça, j'en ai rien à foutre. C'est comme en musique. Quand on me dit : «les femmes dans le rap?» , je m'en fous. Quand je joue de la guitare, du piano, je ne sais pas quelle corde est plus féminine. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que les gens soient investis, qu'on soit sûr qu'ils ne soient pas dans un plan de carrière. De toute façon, excuse-nous, on est naïf comme les gens qui achètent votre journal, enfin pour la plupart. Et puis heureusement. Moi, je suis amené à voir beaucoup de choses. Je reste encore naïf, je me demande pourquoi. On manifestait dernièrement pour les sans-papiers à Bastille. On a vu Strauss-Kahn arriver pile poil au moment où il y avait les caméras. Il est resté deux minutes et le soir, au journal, on voit Strauss-Kahn comme s'il était dans le cortège. Tous les bénévoles, les associations, sont passés à l'as. Pourtant je suis persuadé qu'il va se passer quelque chose, grâce à ces gens-là, de la base, parce que sinon, je resterais chez moi. "
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/211883.FR.php
16 octobre 2006
L'article sur la question du vote Fabius est publié sur :
http://news.google.fr/news?hl=fr&q=nps&sa=N&tab=wn
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=14415
http://www.2007lagauche.net/?q=node/670
http://www.parispourfabius.org/
11 octobre 2006
Les militants NPS doivent se poser la question du vote Fabius
Militant et responsable fédéral NPS, j’ai attendu la fin de la délibération collective au sein du courant pour m’exprimer. D’abord, parce que dans la période de « décantation » qui a précédé, je voulais prendre le temps de débattre dans le courant et de me forger une conviction. Ensuite, parce que je ne pouvais pas concevoir de prendre publiquement une position tranchée et de mettre ainsi devant le fait accompli les militants de ma section qui m’ont confié certaines responsabilités.
Le temps est maintenant venu pour tous les socialistes de choisir un candidat pour l’élection présidentielle de 2007. Ce choix sera forcément un choix par défaut pour les militants NPS car nos dirigeants nationaux ont choisi de ne pas ajouter aux divisions du parti.
Les trois candidats à l’investiture semblent tous capables de porter les couleurs du parti socialiste, de la gauche, et de gagner en 2007. Mais, de mon point de vue, ces candidats ne se valent pas tous : ils n’ont pas tous mené les mêmes combats politiques depuis le 21 avril 2002, ils n’ont pas tous la même relation au projet, ils ne font pas tous les mêmes déclarations publiques dans les débats du moment (pouvoir d’achat, GDF, immigration…).
Le NPS est aujourd’hui partagé sur la question mais il a réussi à prendre une décision cohérente et qui préserve l’avenir : liberté de vote et d’expression, le courant ne s’engageant derrière aucun candidat.
Le 16 novembre, je ne ferai pas, comme d’autres camarades NPS, le choix de Ségolène Royal.
C’est pourtant un choix respectable et compréhensible : Ségolène Royal bénéficie aujourd’hui d’une vraie popularité et d’un réel engouement médiatique. Ceux qui la soutiennent font un choix tactique simple : soutenir celle qui semble avoir le plus de chance de gagner l’investiture et donc, mécaniquement, la présidentielle.
Cependant, sur le fond la candidature de Ségolène Royal ne peut être satisfaisante pour les militants NPS.
- Elle est celle qui prend le plus de distance avec le projet des socialistes.
- Elle ne parle pas des questions essentielles pour la gauche : emploi, croissance, pouvoir d’achat, rôle de l’État et responsabilité du politique, construction sociale de l’Europe…
- Elle prétend briser des tabous en remettant en cause les valeurs de gauche et en s’installant dans la sphère idéologique de la droite. Malgré ses dénégations à Vitrolles, choisir comme thèmes principaux la sécurité et l’immigration revient à brouiller le clivage gauche-droite.
- Elle laisse ouverte la question de l’alliance au centre, déjà défendue par Michel Rocard, en 1988.
- Elle suscite la défiance des organisations syndicales et de jeunesse par ses prises de position sur la carte scolaire, l’encadrement militaire des jeunes délinquants, le syndicalisme de masse…
Sa stratégie est peut-être efficace pour se distinguer dans le parti et obtenir l’investiture. Cependant, elle rendra difficile le rassemblement de la gauche et la victoire en 2007.
Je ne ferai pas non plus le choix de la candidature de Dominique Strauss-Kahn.
Comme toutes les autres, cette candidature est crédible, et peut-être a-t-elle, plus que d’autres, un sens dans le paysage politique du Parti socialiste. Dominique Strauss-Kahn incarne un social-libéralisme à la française finalement assez classique.
Les militants NPS ont eu avec lui une vraie confrontation idéologique et aujourd’hui encore, nous ne partageons pas de nombreux aspects de sa ligne politique. On peut encore constater, qu’au cours de cette campagne interne, il a refusé de se recentrer dans le parti.
Il exprime trop souvent ses réserves sur le projet, et sa hiérarchisation des priorités semble porteuse de trop nombreux renoncements à venir (sur le dossier EDF-GDF par exemple). Alors qu’il se présente comme le plus européen de tous, il reste flou et donc inquiétant sur la question de la relance européenne.
Enfin la liste de ses soutiens montre bien qu’il continue d’incarner la « deuxième gauche », rocardienne, rêvant de l’alliance au centre.
En conscience, je fais donc le choix de Laurent Fabius.
Au congrès du Mans, nous n’avons pas voulu d’un courant qui soit une écurie présidentielle, réunissant la motion 2 et la motion 5. Il ne peut maintenant être question de se diluer dans le courant fabiusien. Je reste un militant NPS, attaché aux valeurs de mon courant et respectueux de son indépendance. La réserve qui a été la mienne jusqu’à aujourd’hui constitue le meilleur gage de cet attachement. Il n’y aucun risque pour que la démarche de soutien à la candidature Fabius aboutisse à la disparition du NPS. Personne dans le courant n’est prêt à lui signer un chèque en blanc.
Pourtant, aujourd’hui, l’évitement de Laurent Fabius qui dure depuis le 29 mai doit prendre fin puisqu’aucune candidature n’émerge de nos rangs. Je fais donc le choix de celui qui partage depuis près de trois ans la quasi-totalité de nos positions politiques : question sociale, Europe, rôle de l’État…
Quant au procès de l’insincérité : j’avoue que je préfère me poser des questions sur la sincérité de quelqu’un qui défend, à peu près, les mêmes positions que moi, que de n’avoir aucun doute sur une candidate qui accumule les déclarations à rebours du parti socialiste et de la gauche. Il ne s’agit pas d’oublier le Laurent Fabius Ministre de l’Économie et des Finances de 2000 à 2002. Mais prenons acte de son évolution et soyons sûrs d’ailleurs qu’un courant comme NPS a joué un rôle dans cette trajectoire politique. C’est pour cette raison que les militants NPS qui soutiennent cette candidature doivent rester à distance de son courant. Comme pour n’importe quel candidat, toute démarche de soutien n’a de sens que dans l’indépendance et l’exigence.
J’exprime aujourd’hui ce choix de la candidature Fabius pour :
1 ) faire savoir publiquement que le NPS ne s’est pas rangé derrière Ségolène Royal
2 ) convaincre les cadres du NPS qui voteront Fabius qu’ils doivent faire connaître largement ce choix pour influer sur le vote du 16 novembre
3 ) convaincre les militants du NPS qui partagent la ligne mais ont des réserves sur l’homme
4 ) en empêcher d’autres d’avoir comme seule issue d’intégrer les comités de soutien à Fabius et de progressivement quitter le courant
5 ) participer à la création d’un rapport de force sur notre ligne pour peser ensuite dans la campagne nationale qui commencera en janvier et dans le gouvernement de gauche que nous appelons de nos vœux pour l’été 2007
Pour le NPS, le vote Fabius est un vote utile. Sans prétendre engager l’ensemble du courant, d’autres responsables NPS doivent affirmer publiquement leur choix pour lui donner plus de force. Nombreux sont ceux qui disent qu’ils voteront pour lui dans le secret de l’isoloir. Est-ce suffisant ?
Peser pour le rassemblement de la gauche et le respect du projet, maintenir à l’intérieur du parti un pôle de gauche capable d’influencer profondément l’action du prochain gouvernement dirigé par les socialistes : voilà le mot d’ordre pour le NPS dans les mois qui viennent. Si, au final, Ségolène Royal est investie par le parti socialiste, tous les militants NPS feront sa campagne avec zèle, dévouement et exigence. Et dans tous les cas, ils participeront activement à la victoire de la gauche en 2007. En attendant, c’est de campagne interne qu’il s’agit : nous devons continuer à y porter résolument et efficacement nos idées.
09 octobre 2006
Texte adopté par 36 voix pour, 14 abstentions, et 2 NPPV par le Conseil national du NPS Paris le 6 octobre 2006
« Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n'est pas de faire son devoir, mais de le connaître. » la mondialisation. la cinquième République
Chacun d’entre nous est tendu vers un seul objectif : battre la droite en 2007. En même temps, chacun d‘entre nous s’interroge légitimement sur le meilleur moyen d’y parvenir.
A quels principes pouvons-nous nous en remettre quand le doute malmène nos certitudes ?
Essentiellement à notre patrimoine politique commun, c’est-à-dire ce que nous croyons juste de dire et de faire. Nous ne sommes pas des militants socialistes nés il y a quelques jours, vierges de toute expérience, de toute connaissance et de toute conviction.
Depuis quatre ans, en tant que courant du Parti Socialiste, nous avons analysé les fractures béantes de la société française, nous avons fait respirer la politique là où les institutions de la cinquième république asphyxient le débat démocratique, nous avons combattu la cécité de certains responsables socialistes face à la dérive libérale de la construction européenne et face à l’impact social de
Ces
Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement lever une espérance en faveur d’un homme ou d’une femme providentiel(le), c’est répondre concrètement à la demande démocratique et sociale. C’est pour cela que le NPS a pesé de toutes ses forces sur l’écriture du projet des socialistes. Nous voulions que celui-ci soit le plus légitime possible au moment d‘entrer dans une campagne dont nous savions que la personnalisation risquait d’éclipser.
A l’heure où le parti semble convulser, saisi tout entier par le vertige de la présidentialisation et de la personnalisation, l’idée que nous nous faisons de notre devoir de militants socialistes, consiste à réaffirmer que notre rôle est et doit être de préférer le projet à son interprète. A l’heure où un dirigeant du PS affiche l’ambition de changer la nature de notre parti pour l’adapter, aux lendemains de l’élection présidentielle, aux institutions de
Cette campagne de désignation interne conduira des militants du NPS à réaliser des choix différents. Condamne-t-elle le NPS ? Nous ne le croyons pas. Nous ne l’acceptons pas.
Notre débat à Saint-Nazaire a rappelé avec force la volonté unanime des militants à maintenir l’unité d’un courant dont l’influence, les idées et la force, seront indispensables au candidat désigné en novembre.
Mais au delà, un courant comme le notre conserve une fonction indispensable pour encourager le rassemblement de la gauche aux côtés des socialistes, et pour maintenir le parti en éveil aux côtés du futur gouvernement de gauche si, comme nous le souhaitons, nous l’emportons en 2007.
Le Premier secrétaire a décliné l’appel à rassembler les socialistes autour de sa candidature.
La tentation de la captation de tout ou partie de NPS par tel ou telle candidat(e) existe. Tout ce qui divise le NPS l’affaiblit et réduit en conséquence ses capacités à influencer l’avenir.
Le rôle du NPS ne peut pas se réduire à l’ajout de quelques noms dans la liste d’un comité national de soutien.
Les candidats sont maintenant connus. Le choix ne dépendra pas tant de leur programme (tous s’engagent à respecter le vote du 21 juin) que de la manière dont ils comptent l’appliquer :
- Quelle stratégie de rassemblement pour la gauche dès le premier tour ?
- Quels leviers et quel agenda à la question de la hausse du pouvoir d'achat et des salaires ?
- Au delà du rejet de la constitution européenne, quelles propositions concrètes pour la présidence française de l’UE en 2008 ?
- Quelles mesures et quel calendrier de réforme institutionnelle pour une nouvelle République parlementaire ?
- Comment faire vivre un parti politique collectivement et collégialement dans des institutions qui ne le permettent pas ?
Nous proposons donc de les interpeller sur ces choix politiques et stratégiques afin mener le PS et toute la gauche à la victoire en 2007.
Nous nous engageons à respecter le voeu exprimé par les militants à Saint-Nazaire en faveur de l’unité du courant. Nous nous engageons à ne rallier aucun candidat en le faisant au nom du NPS. Nous voulons que les exigences politiques, telles que nous les avons définies dans notre texte commun à Saint-Nazaire, l’emportent sur toute autre considération. Nous souhaitons rester, dans les divisions liées à la compétition interne, comme dans les phases ultérieures, un pôle de stabilité et de responsabilité. Nous nous engageons à trouver les voies d’un dialogue exigeant et constructif avec les candidats pour faire du respect du projet, du rassemblement de la gauche et d’une certaine conception du parti socialiste, les principes et repères d’une campagne électorale qui nous conduise à l’indispensable victoire.
