31 janvier 2008
Traité de Lisbonne: 59% des Français pour un référendum
71% des électeurs de gauche
sont pour le référendum. Le Parlement est convoqué lundi pour adopter
la révision constitutionnelle préalable à la ratification du Traité. AFP LIBERATION.FR : jeudi 31 janvier 2008
59% des Français sont favorables à un référendum pour ratifier le Traité de Lisbonne sur les institutions européennes, selon un sondage CSA pour l'Humanité Dimanche paraissant aujourd’hui.
33% se disent en
revanche en faveur d'une ratification par le Parlement français, comme
l'a décidé le président de la République, Nicolas Sarkozy. 8% des
personnes interrogées ne se prononcent pas.
Un précédent sondage CSA réalisé sur le même sujet en octobre 2007
donnait 61% en faveur d'un référendum et 31% pour la ratification par
voie parlementaire.
Ce sont les électeurs de gauche qui se montrent les plus favorables à
un référendum (71% contre 22% pour la voie parlementaire), tandis que
ceux de droite sont beaucoup plus partagés (47% pour un référendum, 48%
pour la voie parlementaire). Les sympathisants du Modem optent
majoritairement pour une ratification par les électeurs (60% contre
36%).
Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 janvier auprès d'un
échantillon national représentatif de 960 personnes âgées de 18 ans et
plus (méthode des quotas).
25 janvier 2008
Des experts de gauche présentent une "contre-expertise" du rapport Attali
LEMONDE.FR avec AFP | 24.01.08 |
C'est une "contre-expertise" du rapport Attali que plusieurs économistes de gauche ont présenté, jeudi 24 janvier, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale. Ils ont travaillé sous la houlette de La Forge, un groupe de réflexion créé par le député Vert Noël Mamère et le député européen socialiste Benoît Hamon. Ce dernier s'est indigné de voir que "l'ex-sherpa de Mitterrand soit devenu la principale lame du sarkozysme pour désosser méthodiquement le modèle social que son précédent patron avait construit sous deux septennats". Noël Mamère a qualifié le rapport de "cadeau empoisonné" qui aboutirait à "accentuer un peu plus les inégalités et les injustices". Pour lui, il s'agit d'une "opération de diversion de plus" de Nicolas Sarkozy.
Liem Hoang-Ngoc, maître de conférences à l'université Paris-I, a décrit le rapport Attali comme étant une "compilation d'idées dans l'air du temps" avec un diagnostic "archaïque", "d'une France datant du général de Gaulle". Pour lui, la vraie cause du manque de croissance n'est pas "la panne de la consommation populaire" avancée par le rapport mais "la panne d'investissements" des entreprises, alors qu'il y a "une forte épargne boursière". Au lieu d'avoir "un discours anxiogène sur la dette, le gouvernement devrait mobiliser cette épargne", soutient-il.
Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques, préconise, lui, d'"investir dans le high tech" plutôt que de "créer des emplois de service à bas coût" comme "on l'a fait depuis vingt-cinq ans".
Philippe Moati, directeur au Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), s'est élevé contre les "imprécisions du rapport", qui "nous sert des vieilles lunes au lieu de nouveaux outils de régulation". Jean-Marie Monnier, professeur à Paris-I, a évoqué quant à lui des "propositions centralistes, archaïques et inefficaces au plan économique, et injustes socialement", relevant"le transfert de charges fiscales et sociales des entreprises sur les ménages".
Télécharger le contre-rapport sur le site de La Forge
23 janvier 2008
EN GREVE !
Les
fédérations de l’Education FERC-CGT, FNEC FP-FO, FSU, UNSA-Education se
sont réunies le 19 décembre. Elles constatent qu’en dépit de leurs
interpellations les revendications portées par les personnels lors de
la grève du 20 novembre n’ont reçu aucune réponse, qu’il s’agisse des
suppressions d’emplois ou des diverses mesures annoncées en matière
d’éducation.
Le gouvernement persiste dans une politique qui compromet l’objectif de
la réussite de tous les jeunes. Et tout montre que les établissements
les plus fragiles verront leurs difficultés accrues, les inégalités
s’accentueront, l’offre de formation sera réduite, restructurée comme
dans l’Enseignement Professionnel. Les personnels verront leurs
conditions de travail se dégrader un peu plus et la précarité
s’accentuera encore. A cela s’ajoute le contentieux commun à tous les
fonctionnaires (salaires, carrières, statut…). Cette situation implique
de poursuivre et amplifier la mobilisation.
C’est pourquoi elles appellent les personnels à porter leurs
revendications en participant massivement avec les autres
fonctionnaires à la grève et aux manifestations du 24 janvier et en
débattant des suites. Elles les appellent également à développer la
campagne d’opinion lancée avec les parents d’élèves, les jeunes, les
associations et les mouvements pédagogiques. Paris le 19 décembre 2007 La FAEN consulte ses instances et donnera sa réponse dans la journée du 20 décembre.
Grève le 24 janvier 2008
21 janvier 2008
Pour le respect de la souveraineté populaire : Contribution de Philippe Marlière
En réalité, être pour ou contre le traité de Lisbonne n’est pas la question qui sera posée aux parlementaires qui se rendront à Versailles. La seule question que tout parlementaire honnête devrait trancher le 4 février est : qui peut défaire ce que la volonté populaire a fait en 2005 ? Je note que les partisans de la ratification parlementaire évitent tous de poser cette question ; l’unique question qui devrait intéresser les démocrates de tous bords.
Nicolas Sarkozy a bien entendu menti. Ce nouveau
traité n’est ni « simplifié », ni délesté de ses dogmes néolibéraux. Il
est compliqué à souhait et c’est une copie quasi-conforme au texte
précédent. Tout le monde, à gauche et à droite, le reconnaît. Sarkozy
ne peut donc prétendre qu’une adoption parlementaire est possible car
ce traité serait "différent", "simplifié".
Et quand bien même ce serait le cas, cela ne pourrait justifier la décision prise par François Hollande et ses alliés de s’abstenir de voter à Versailles. Le PS est officiellement pour la tenue d’un référendum. L’unique moyen pour y parvenir est de voter contre la révision constitutionnelle. La mise en échec du stratagème sarkozyste est mathématiquement à portée de main : le total des voix de gauche + 8 voix de droite suffiraient à déjouer le coup de force. En revendiquant d’une part un référendum, et en s’efforçant de l’autre de saboter les efforts de la gauche pour y parvenir, ces socialistes commettent un acte grave.
Grave au regard des multiples promesses faites au peuple français par le PS depuis trois ans (congrès socialistes, projet socialiste, proposition de Ségolène Royal). Le 29 mai 2005, Hollande, mine contrite, avait déclaré que puisque le « peuple s’était détourné du PS, il fallait en tenir compte ».
Grave, car cette décision discrédite non seulement ses protagonistes, mais aussi les socialistes honnêtes qui sont en désaccord avec elle.
Grave, enfin, car cela revient à cautionner la politique sarkozyste. Pour paraphraser Pierre Moscovici, parlant de la visite de Tony Blair au Conseil national de l’UMP, cela revient à donner une caution « de gauche » à la droite la plus dure que la France ait connu depuis la Libération.
La décision de la direction du PS aura des conséquences multiples, profondes et durables. Elle facilitera, par exemple, le ralliement à la droite d’un deuxième groupe de cyniques et d’opportunistes. Ce n’est pas une coïncidence que Jack Lang, dont on parle comme successeur de Rachida Dati à la Justice, ait annoncé qu’il votera Oui à Versailles avec les parlementaires de droite.
Le combat pour le respect de la souveraineté populaire et l’émergence d’une gauche qui soit véritablement de gauche doit continuer entretemps. A Versailles et ailleurs.
