Bastien RECHER

Blog d'un militant socialiste NPS de Paris

15 juin 2009

Arrêts de travail : la grande arnaque de l’UMP !

Après les déclarations tonitruantes de Frédéric Lefèbvre, la semaine dernière, qui voulait déposer un amendement pour « permettre » aux salarié-e-s « volontaires » de travailler chez eux pendant leurs arrêts maladie ou même pendant leurs congés de maternité, on se doutait bien que l’UMP préparait un nouveau coup bas contre le droit du travail.

La méthode est en effet toujours la même : la provocation médiatique permet à l’UMP de lancer des sondes et de tester dans l’opinion la réception des futures « réformes » du gouvernement.

Ce plan bien rodé s’en prend donc cette fois-ci aux arrêts de travail et aux « fraudeurs » supposés pléthoriques. Après avoir fustigé les chômeurs qui vivent « aux crochets » de la société, le gouvernement trouve de nouveaux boucs-émissaires pour masquer encore une fois la vacuité de sa politique sociale.

Les « fraudeurs » sont ici les responsables tout trouvés pour expliquer les 20 milliards de déficit des caisses de la Sécu. Mais, car il y a toujours un « mais » avec l’UMP et ses petits arrangements avec les faits, les études faites sur le sujet montrent que le montant des arrêts de travail injustifiés s’élève à 100 000 euros soit 0,5 % du déficit total de la Sécu !

Ces chiffres montrent bien que le problème de l’UMP n’est pas de trouver des solutions pour pérenniser le système de protection sociale français, mais bien au contraire de jeter des écrans de fumée pour cacher sa propre responsabilité. Car c’est en effet l’UMP qui est directement responsable du déficit de la Sécurité sociale : lorsque le parti de Chirac puis de Sarkozy reprend le pouvoir en 2002, les caisses sont excédentaires de plus de 6 milliards d’euros. Sept ans après, l’Etat doit 50 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales à la Sécu : des cadeaux au patronat pour « créer de l’emploi » !

Comme d’habitude plutôt que de régler les problèmes en profondeur, le gouvernement détourne l’attention médiatique sur les « fraudeurs » et pour prétendre à l’efficacité, met en avant des mesures pour les repérer.

Quand on sait déjà que la rémunération des médecins conseil des Caisses d’Assurance maladie dépend du nombre de fraudes détectées, on se dit que le problème ne doit pas être le manque de zèle des contrôleurs ! Pourtant, pour donner encore plus de pouvoir au patron sur son salarié, Nicolas Sarkozy propose de mettre en place des contrôles exercés par des médecins payés par l’employeur et qui pourraient suspendre, en cas de « fraude », les indemnités journalières du malade…

Alors que la médecine du travail est sinistrée, alors que les médecins généralistes relèvent plutôt la difficulté d’arrêter des malades qui ont peur de perdre leur emploi dans un contexte de crise économique grave, l’UMP considère visiblement que le résultat des européennes est pour elle un chèque en blanc en faveur de sa politique de dérégulation et de casse du modèle social français.

Avec moins de 28 % des voix, contre plus de 40 % pour la gauche de gouvernement PS-Verts-Front de Gauche, et avec 60 % d’abstention, la politique économique et sociale du gouvernement est pourtant loin de rassembler une majorité de Français.

Il est plus qu’urgent de construire un débouché politique face au gouvernement. Le résultat des européennes nous montre que cela passe obligatoirement par le dépassement du Parti socialiste et de ses petites querelles. Nous devons travailler pour rassembler la Gauche dès les régionales de l’année prochaine, c’est la seule façon de s’opposer efficacement au gouvernement et d’espérer construire l’alternative pour 2012.

Posté par Bastien Recher à 14:45 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

M. Lefebvre devient un peu M. provocation aussi et on tombe souvent dans le panneau...

Posté par nicolas, 21 juin 2009 à 13:38

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