Bastien RECHER

Blog d'un militant socialiste NPS de Paris

29 janvier 2009

En grève !

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18 juin 2008

La suppression de la carte scolaire renforcera les ghettos

lemondefr_grdLE MONDE | 17.06.08 | 14h24  •  Mis à jour le 17.06.08 | 14h45
Un rapport de deux inspecteurs généraux, interdit de publication par le ministère, offre un premier bilan

Avec la suppression totale de la carte scolaire annoncée pour 2010, en faveur de laquelle Nicolas Sarkozy s'est engagé dès sa campagne présidentielle, la mixité à l'école pourrait bientôt ne plus être qu'un fantasme républicain. C'est l'avertissement que lancent les inspecteurs généraux de l'éducation nationale Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux dans un rapport, que s'est procuré Le Monde, sur les premiers effets de l'assouplissement de la carte scolaire, interdit de publication depuis octobre 2007 par le ministère de Xavier Darcos. Le système qui, depuis 1963, fait dépendre le choix de l'école du lieu de domicile des familles, était critiqué pour sa rigidité. Sa suppression contient des dangers plus grands encore, selon les deux inspecteurs généraux.

Leur état des lieux, intitulé "Les nouvelles dispositions de la carte scolaire", établi entre juin et septembre 2007 et qui a porté sur 34 départements "pour la plupart à dominante urbaine", dresse le constat inquiétant d'une accentuation de la baisse de mixité scolaire. Il souligne aussi un renforcement des logiques de concentration ethnique.

Trois semaines avant la fin de l'année scolaire 2006-2007, le chantier des inscriptions a été rouvert par le président Sarkozy. Sept critères donnant droit à une dérogation ont été introduits. Sont devenus prioritaires les élèves souffrant d'un handicap, les boursiers au mérite et sur critères sociaux, et ceux nécessitant une prise en charge médicale.

La rapidité de mise en oeuvre des réformes explique "certaines insuffisances", reconnaît le rapport. Elle rend difficiles "les extrapolations pour les années 2008 et 2009". Mais cette première étape demeure "riche d'enseignements", indique le document.

Pour MM. Obin et Peyroux, le principal effet de l'assouplissement de la carte scolaire a été de dégrader davantage la mixité scolaire, "accélérant les processus sociaux déjà à l'oeuvre depuis des années". Les établissements déjà délaissés sont les plus touchés par cette érosion. Même si seulement 13 500 demandes supplémentaires de dérogation ont été enregistrées, les effets sont sensibles.

"Dans la plupart des départements visités, la question de la survie de certains collèges est ouvertement posée, indique le rapport. C'est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l'épreuve : dans les établissements les plus convoités, il y a peu d'élèves de condition modeste ; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu."

La création d'options ou de filières d'excellence dans les quartiers sensibles, ou les labels ZEP et "ambition réussite", n'y changent rien : "Non pas qu'il faille se contenter d'une offre médiocre dans ces collèges (...), mais jamais ces initiatives ne permettent de faire revenir les populations des classes moyennes qui ont déserté un établissement."

Pour les inspecteurs généraux, concilier une plus grande liberté des familles et une plus grande mixité des établissements est néanmoins "possible". Mais la voie est "étroite", préviennent-ils, et ne pourra être suivie qu'à certaines conditions. Pour l'avenir, MM. Obin et Peyroux suggèrent donc quelques correctifs.

La principale clé repose sans doute sur la rectification du problème des élèves boursiers. Parmi les demandes de dérogations, ils apparaissent en effet "peu nombreux et mal traités", avec un taux de dérogation accordé "très variable selon les départements". En l'absence de directives ministérielles et pour des raisons techniques, peu d'inspections académiques ont décidé de modifier la gestion informatisée de leurs affectations, notamment à l'entrée en seconde.

"L'objectif d'amélioration de la diversité sociale n'a en général pas été l'objet d'une attention prioritaire", regrettent les inspecteurs généraux, et c'est toujours la logique des bonnes notes des élèves qui prime, et relègue en bons derniers les critères sociaux dans le traitement des dossiers. D'où l'impératif, selon eux, de consignes claires en la matière aux responsables académiques et aux chefs d'établissement.

Favorables à un système qui ne serait pas totalement dérégulé, Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux affichent également leur attachement au maintien par les familles d'un "droit d'affectation dans l'établissement le plus proche du domicile" et à une régulation toujours "assurée par l'Etat" plutôt que par les chefs d'établissement ou les parents eux-mêmes. Ces pistes trouveraient un écho plutôt favorable au ministère de l'éducation nationale.

Pour motiver les collèges et lycées à rester dans une dynamique de mixité, ils suggèrent en outre l'introduction d'un "indicateur" de suivi de la mixité sociale, qui permettrait de récompenser les établissements les plus vertueux par une "dotation supplémentaire". La fermeture des établissements "ghettos", "si le quartier est dangereux et le collège déjà bien vide", à l'image de certains établissements déjà identifiés sur le pourtour méditerranéen ainsi qu'à Lyon ou à Grenoble, pourrait être par ailleurs une solution "positive".

Ainsi, face aux "inquiétudes manifestes" que suscite la suppression de la carte scolaire, il reste encore au gouvernement à offrir des réponses, estiment les rapporteurs. Et à ne pas perdre de vue un objectif : que "l'émulation entre établissements qui se profile à l'horizon de 2010 débouche sur une amélioration d'ensemble en termes de réussite scolaire, et non sur une concurrence stérile et coûteuse".

Aurélie Sobocinski


CHRONOLOGIE

1963.

Christian Fouchet, ministre de l'éducation, instaure la carte scolaire pour gérer les flux et les moyens : les élèves sont affectés dans les établissements rattachés à leur domicile.

1983.

Assouplissement de la carte scolaire dans 5 départements, puis en 1987 dans 74 départements.

1986.

Premier ministre, Jacques Chirac ne tient pas la promesse du programme électoral RPR-UDF de supprimer la carte scolaire. Reprise en 1988, la promesse est abandonnée par Jacques Chirac en 1995. En 2002, elle ne figure pas au programme de la droite.

2004.

Les départements récupèrent la définition des secteurs des collèges.

2007.

Assouplissement de la carte scolaire par Xavier Darcos.

Article paru dans l'édition du 18.06.08

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03 mai 2008

Une pétition du SNES sur les mutations dans la fonction publique

snesDes discussions doivent rapidement se conclure dans la fonction publique sur la « rénovation du dialogue social ». Le gouvernement prévoit la réduction du rôle des commissions paritaires dans lesquelles siègent les élus du personnel.

En particulier, les mutations et les affectations des personnels ne seraient plus étudiées par commissions paritaires. Cette mesure pourrait prendre effet dès la rentrée 2008

Cela interdirait, aux élus du personnel, d’améliorer les projets de mutation et d’affectation élaborés par l’administration et de s’assurer qu’ils respectent des règles équitables, connues de tous, applicables à tous.

La porte serait ainsi ouverte à des mutations et à des affectations à la tête du client et à toutes les magouilles.

Le SNEP, le SNES, le SNUEP lancent une pétition à signer en ligne. Nous vous appelons à la signer et à la faire signer.

Ce projet est la première traduction concrète d’une transformation radicale des règles de la fonction publique visant à remettre en cause le principe de règles statutaires, les concours de recrutement, introduisant le salaire au mérite etc. Tout cela est rassemblé dans le rapport Silicani qui constitue la base des négociations sur l’avenir de la fonction publique.

Signer la pétition

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24 février 2008

Éducation nationale : État des lieux après la grève du 24 janvier 2008

manif__ducDe 2002 à 2007, les attaques de la droite dans le domaine de l’Éducation ont porté essentiellement sur la question des moyens. Il s’agissait d’abord de supprimer des postes pour des raisons budgétaires en prétextant une baisse du nombre d’élèves, pourtant largement compensée par les départs en retraite des enseignants baby-boomers. A la rentrée de 2008, ce seront ainsi près de 30 000 postes d’enseignants qui auront été supprimés depuis 2002, alors que les socialistes prévoyaient au contraire un plan pluriannuel de recrutement.
Les conséquences sont nombreuses : le nombre d’heures enseignées diminue et la plupart des établissements, même classés, ont maintenant les horaires planchers dans toutes les matières ; dans de nombreuses académies, la gestion des effectifs se fait à flux tendu et les remplacements ne sont plus assurés ; la montée de la violence dans les établissements du secondaire est directement liée à la baisse de la présence des adultes.

Des attaques nouvelles contre le métier d’enseignant depuis 2007
Les rapports se succèdent et sont tous porteurs des mêmes attaques contre le métier d’enseignant. Un seul exemple, la volonté de renforcer l’autonomie des établissements conduit à rendre les profs dépendants des principaux, aussi bien dans le domaine pédagogique que dans la gestion des carrières et des conditions de rémunération.
A cet égard, le nouveau rapport Pochard, censé améliorer et revaloriser la condition enseignante, ne fait que confirmer ces craintes. Il insiste sur la rémunération au mérite, incite les profs à cumuler les heures supplémentaires et les heures de présence dans les établissements, et cherche à leur faire accepter des tâches qui ne relèvent pas de leurs compétences et de leur statut : surveillance des élèves, tâches administratives, soutien scolaire… Or, une étude récente du ministère a montré qu’un prof travaille en moyenne 39 heures par semaine, dans le cadre d’une charge de cours de 18 heures.
Par ailleurs, sur la question du pouvoir d’achat en constante baisse des enseignants, le gouvernement aujourd’hui ne propose de revaloriser le point d’indice qu’à hauteur de 0.8% cette année, ce qui ne permet même pas de compenser l’inflation.

La question transversale de l’Éducation prioritaire
Le gouvernement s’emploie aujourd’hui à masquer l’état d’urgence et à nier la montée de la violence dans les quartiers difficiles, alors qu’elle est directement liée à la suppression des moyens humains et à une atmosphère de rejet complet de l’État sous toutes ses formes. Les rectorats en sont réduits à faire pression sur les chefs d’établissement pour minimiser les problèmes, limiter les conseils de discipline et la remontée des incidents graves.
La seule réponse concrète du gouvernement consiste à organiser de « l’accompagnement éducatif » dans certains établissements. Ce dispositif de soutien scolaire est cependant trop ponctuel, et comme il se fait sur la base du volontariat des élèves, son efficacité reste limitée.
Enfin, la mise en place du fichage des élèves, à relier avec la détection précoce de la délinquance, confirme bien les enseignants dans l’idée qu’on leur demande maintenant de faire du contrôle social dans les banlieues.

Pourtant, aucune politique de la ville, aucun « plan banlieue » ne peut réussir sans une véritable ambition de relancer l’éducation prioritaire. Dans de nombreux quartiers, le collège est le dernier service public qui reste, la seule présence de la République. Or, la concentration de difficultés sociales et familiales dans ces quartiers exige de mettre en place des structures particulières : classes à 15 élèves, généralisation des classes relais pour les élèves en grande difficulté et en décrochage, soutien scolaire obligatoire pour certains le soir (sous forme d’internats externalisés par exemple), dispositifs stables pour les élèves non-francophones…
Avec la suppression de la carte scolaire, les stratégies d’évitement se multiplient et il est à craindre que les problèmes ne s’accroissent dans les établissements les plus difficiles qui n’auront bientôt plus que des élèves en décrochage scolaire. La rentrée 2008 promet…

Bastien Recher

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21 septembre 2007

Dix-sept organisations de l'éducation appellent à ne pas enterrer le collège unique

lemondefr_pet AFP | 20.09.07 | 17h53  •  Mis à jour le 20.09.07 | 17h59

Une large intersyndicale de l'éducation, comprenant enseignants, lycéens, parents, étudiants et associations, a demandé au ministre de l'éducation, jeudi 20 septembre, de "sortir de l'ambiguïté des slogans" sur le  collège unique et de s'engager à ne pas instaurer de "sélection précoce". Dans une déclaration commune lue au Conseil supérieur de l'éducation, instance représentative et consultative, ces dix-sept organisations ont lancé un "appel  pour bâtir le collège pour tous".

Xavier Darcos avait déclaré, le 6 septembre, qu'il fallait "parler au passé"  du collège unique et le remplacer par "une plus grande autonomie des  établissements". Selon les organisations, le ministre "omet de préciser que le collège unique, c'est l'unicité de la nature des établissements et pas l'uniformité de ce qui y est fait"."Ce qui est en jeu, ajoutent-elles, c'est la garantie d'un  même droit à la scolarité obligatoire pour tous les élèves."Pour l'intersyndicale, si la disparition du collège unique se traduit par une  "sélection précoce", celle-ci, "associée à la suppression de la carte scolaire,  ne pourrait qu'aggraver les inégalités scolaires". Ce "serait incompatible avec l'objectif fixé de 50 % d'une classe d'âge diplômée de l'enseignement supérieur et entraînerait une régression des résultats (–30 % d'accès au bac), ainsi que l'ont démontré les études internationales", expliquent les syndicats.

Les signataires                                  

FSU, SNES-FSU (collège-lycées), SNEP-FSU (éducation physique et sportive), SNUipp-FSU (primaire), CFDT, SGEN-CFDT, FEP-CFDT (enseignement privé), UNSA-Education, SI-EN-UNSA (inspecteurs), SE-UNSA (enseignants), SNPDEN-UNSA (chefs d'établissement), UNL (lycéens), UNEF (étudiants), FCPE (parents), Ligue de l'enseignement et de la jeunesse en plein air (associations).  

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-957712@51-946005,0.html

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