29 mai 2009
Européennes dans le XIe arrondissement
23 mai 2009
Pétition pour inscrire les services publics dans la Constitution
Je viens (enfin!) de signer la pétition de Michel Vauzelle pour inscrire une charte des services publics dans la constitution.
La Charte des services publics
Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution
« Le peuple français,
« Considérant,
« Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;
« Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l’homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de la République ;
« Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité ;
« Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l’existence des services publics ;
...
Le site :
http://www.referendum-servicespublics.com/
13 mai 2009
REDECOUPAGE DES CIRCONSCRIPTIONS LEGISLATIVES A PARIS : La Fédération socialiste de Paris dénonce la manipulation
Très pris par la campagne des européennes, je n'ai pas trouvé le temps de poster depuis un moment. Je profite donc du dernier BF parisien pour publier ici le texte que nous avons alors adopté pour dénoncer la magouille de la droite dans son projet de redécoupage des circonscriptions. Edifiant !
Le communiqué du BF :
"Le projet de redécoupage électoral, établi par le gouvernement en vue des prochaines élections législatives, vient d’être transmis à la commission chargée de l'étudier et de rendre un avis d'ici deux mois.
S'il est acquis que 3 circonscriptions sur 21 sont supprimées, à aucun moment de la procédure d'élaboration de ce redécoupage, y compris à l'occasion des consultations menées par le préfet de région, un projet précis n'a été présenté aux élus. Interrogé à l'Assemblée nationale le 6 mai dernier, le secrétaire d'état à l’Intérieur et aux Collectivités locales, Alain Marleix, a d’ailleurs confirmé que le projet était effectivement achevé mais qu'il ne serait rendu public qu'à l'issue des travaux de la commission.
Toutefois, les diverses indications portées à notre connaissance laissent entrevoir un redécoupage extrêmement inégal démographiquement et incohérent sur le plan géographique :
- des circonscriptions beaucoup plus peuplées dans l’est de Paris que dans l’ouest (125 000 habitants en moyenne contre 115 000) ;
- un charcutage systématique des arrondissements et des quartiers qui les composent.
Cette opération anti-démocratique a pour but de créer – comme dans de nombreux autres départements – une carte électorale destinée uniquement à favoriser les intérêts électoraux de l’UMP et à empêcher l’alternance.
Alors que ce sont aujourd’hui essentiellement les circonscriptions de gauche qui sont les plus peuplées et en expansion démographique, c’est la gauche qui perdrait 3 sièges à l’issue du redécoupage. Le gouvernement arrive même à offrir un troisième député à la droite dans le 16e arrondissement, alors que c'est l’arrondissement parisien qui connaît la plus forte érosion démographique !
La Fédération de Paris du Parti socialiste dénonce l'opacité totale et la partialité scandaleuse avec lesquelles ce projet de redécoupage a été établi. Elle demande qu'il soit rendu public sans délais et profondément modifié pour que les critères prévus par la loi et précisés par le Conseil constitutionnel (équilibre démographique entre les circonscriptions, respect de l'intégrité des quartiers, neutralité politique) soient rigoureusement respectés.
Il en va de l’égalité des Parisiens devant le suffrage universel et donc de la démocratie."
07 avril 2009
Hamon vote pour des "primaires ouvertes"
http://vieenrose.blogs.liberation.fr/revault/2009/04/hamon-pour-des-primaires-ouverte-%C3%A0-toute-la-gauche.html
Un article intéressant sur le blog de Libé, "La vie en rose".
Il ne s'était pas encore prononcé sur la question. Cette fois, c'est dit: Benoît Hamon est favorable à des "primaires ouvertes à gauche, à l'italienne".
Le porte-parole du parti se prononce même pour "un candidat de rassemblement de la gauche dès le premier tour. Ce qui suppose d'intenses discussions parallèles avec les autres formations qui s'inscrivent dans ce processus, sur le projet, le programme et la participation des uns et des autres à une majorité."
"Je n'y vois que des avantages", explique Hamon. Premier d'entre eux: l'avantage démocratique compétitif dont jouira le candidat désigné à l'issue d'un tel processus. "Celui qui sortira vainqueur des primaires aura une légitimité extrêmement forte." Même s'il aura pris, le député européen en convient, quelques coups: "La primaire nous expose quand même à une âpre compétition. L'avantage des Etats-Unis, c'est qu'il y a des primaires dans les deux camps. Il y a là-bas une symétrie entre droite et gauche qui n'existe pas en France."
Quant aux réserves exprimées par plusieurs de ses camarades, qui craignent une dépossession du parti au profit de l'opinion, Benoît Hamon les balaie: "Il est absurde de dire que l'extérieur ne doit pas nous imposer un candidat. En 2007, nous avions eu des primaires fermées. Mais le poids de l'extérieur du parti et des sondages avait tout de même été décisif. Il faut arrêter l'hypocrisie qui consiste à dire que si on restait entre soi, les sondages, les médias ne pèseraient pas sur les choix."
Et de répliquer fermement à ceux qui, comme Daniel Vaillant, hurlent à la "mort du PS": "Certains croient encore militer dans un parti qui n'existe plus. Il faut changer, évoluer. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut se laisser imposer un choix de l'extérieur. Mais il y a aujourd'hui une nouvelle donne démocratique, et le PS doit savoir en tirer le meilleur plutôt que d'en subir le pire." Avant d'affrimer que la perméabilité du parti ne va pas de pair avec l'ancienneté de l'adhésion: "Un adhérent qui a six mois de parti n'est pas plus sensible à l'extérieur qu'un militant de dix ans..."
17 février 2009
Note sur le Manifesto
Petite analyse critique du Manifesto. Cela peut être utile dans la période...
Télécharger le texte en PDF : UMA_Note_sur_le_Manifesto_130209
On peut commencer par remarquer qu’il n’existe pour l’instant qu’une traduction provisoire de ce texte, et seulement depuis début janvier. De là à penser que des éléments du Manifesto sont susceptibles de heurter les socialistes français il n’y a qu’un pas…
La campagne des européennes s’annonce difficile pour les socialistes. Dans le contexte de crise actuelle, le vote des électeurs de gauche risque de porter uniquement sur la crise et non directement sur les questions européennes.
Les socialistes sont en outre regardés avec méfiance : d’une part pour avoir fait campagne sur « L’Europe sociale » en 2004 alors que la période a été suivie par une vague de libéralisations sans précédent, et pour s’être divisés lors du référendum de 2005.
I ) Des avancées importantes
Un texte de compromis bien plus ambitieux que ses prédécesseurs
Par rapport aux documents auxquels le PSE nous avait habitués, on remarque un changement d’orientation fort qui se traduit par un vocabulaire différent, ciblé sur d’autres préoccupations : on parle plus d’Etat, de régulations et de protection sociale que d’entreprises, de compétitivité ou de nécessité impérieuse de s’adapter aux dogmes de la mondialisation libérale.
Plus globalement, ce texte affirme « la solidarité et la cohésion comme socle de la construction européenne ». Le PSE s’engage à « créer une société plus juste et plus protectrice » et affirme : « Nous croyons à la solidarité entre les générations, non à la concurrence entre les individus prônée par les néo-libéraux ».
La prise en compte forte du contexte de crise économique mondiale
Ce texte contient une évolution idéologique majeure pour un document signé par les 27 partis « frères ». On trouve en son cœur des propositions sur le retour de l’Etat, la volonté de régulation mais aussi celle de plus de justice sociale pour les classes populaires et les classes moyennes. Le Manifesto fixe un objectif clair : face aux « dégâts causés par des marchés sans régulation sérieuse », il faut « relancer l’économie européenne et établir la justice dans la nouvelle Europe sociale ».
Les propositions faites ne sont malheureusement pas à la hauteur, car trop vagues, comme nous le verrons ensuite. On trouve pourtant quelques bonnes pistes comme :
- la nécessité de renforcer les « actions publiques » dans le domaine de la formation des travailleurs européens et d’investir dans l’éducation (notamment dans le cadre d’un Fonds Européen d’Ajustement à la Mondialisation).
- la volonté de réorienter le budget européen vers la « croissance écologique et innovante » dans l’optique de « réaliser la convergence économique des régions les moins développées de l’Union »
- l’aspiration à réformer les marchés financiers et à mettre fin aux paradis fiscaux et à l’évasion fiscale
- l’idée que « la Banque Centrale Européenne doit soutenir la croissance et l’emploi tout en préservant la stabilité des prix »
- l’ambition de favoriser l’accès des entreprises au crédit, par exemple auprès de la Banque Européenne d’Investissement
La réhabilitation du clivage gauche-droite
La réflexion sur la crise permet de mettre en avant l’idée que « les crises économiques et sociales […] viennent de choix politiques fondamentaux ». Toute la première partie du document est ainsi construite en regard de ce qu’a fait ou de ce que ferait la droite en suivant les dogmes du libéralisme.
Sans que cela soit dit clairement, on peut en déduire la volonté de rétablir un véritable clivage gauche-droite au Parlement qui se traduirait par la coexistence d’une majorité et d’une opposition et la fin de la tradition de la négociation au-delà des frontières partisanes (cf. le partage de la présidence du Parlement).
La question de normes sociales communes
Le Manifesto évoque « un risque permanent de clivages sociaux ».
Plusieurs mesures sont évoquées pour y remédier :
- « négocier un Pacte européen du Progrès social établissant des objectifs et des normes pour les politiques nationales de solidarité, de santé et d’éducation »
- « insérer une clause de progrès social » dans chaque législation européenne
- « établir un cadre européen pour les services publics » (la suite est trop alambiquée pour engager à quoi que ce soit !)
- un « Accord Européen sur les salaires » contenant un salaire minimum
- la perspective de revenir, par la négociation collective, sur les arrêts de la Cour Européenne de Justice qui ont remis en cause les droits des travailleurs
L’idée d’un traité social semble cependant abandonnée, peut être parce qu’elle renvoie trop aux débats de 2005 ? Le reste de la partie sur la « nouvelle Europe sociale » pose plus de problèmes, notamment parce qu’il renvoie le débat aux législations nationales.
La perspective de négociations, par exemple salariales, à l’échelle européenne
A plusieurs reprises le texte propose de mener des négociations entre les partenaires sociaux à l’échelle de l’Union.
Il est ainsi question « d’engager la négociation au niveau européen avec les employeurs » pour les faire participer au financement de la formation et de la requalification des salariés européens, ou encore d’élaborer un « Accord Européen sur les salaires » qui puisse relever de la négociation collective à l’échelle de l’Union.
II ) Des limites fortes
Un texte qui valide un cadre libéral inacceptable
On ne peut que s’étonner de voir dans ce texte des références à la Stratégie de Lisbonne alors que dès 2006, des rapports du groupe socialiste au Parlement européen en dénonçaient l’échec. Sous couvert de « faire de l'Union européenne l'économie la plus compétitive au monde et de parvenir au plein emploi avant 2010 », la Stratégie de Lisbonne (notamment dans ses objectifs corrigés de 2006) mettait l’accent, dans le domaine économique, sur la nécessité de : « libérer le potentiel des entreprises, en particulier des PME ; [ou de] renforcer l'adaptabilité des marchés du travail en se fondant sur la flexisécurité ».
Cette stratégie entérine non seulement l’impuissance en matière de gouvernance économique (les résultats chiffrés le prouvent), mais elle a aussi conduit à une libéralisation à marche forcée de nombreux secteurs au nom de la recherche de compétitivité.
Le débat institutionnel serait derrière nous
Le Manifesto valide le traité de Lisbonne, sans discussion, dès l’introduction, comme le cadre de l’action à venir des sociaux-démocrates européens : « C’est pourquoi l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, après ratification par tous les Etats membres, donnerait à l'Europe plus de moyens pour mener, face à nos problèmes, une action démocratique, transparente et efficace. ».
Cela pose un problème évident. Le Manifesto rappelle au PS son manque de cohérence sur le sujet et la contradiction entre ses engagements d’exiger un référendum sur le traité et son vote lors de la révision constitutionnelle dernièrement.
De façon générale, on ne retrouve dans le texte aucune réflexion sur la démocratie européenne, la citoyenneté, mais aussi sur les pouvoirs des eurodéputés qui sont pourtant les seuls élus à ce niveau. Il y a là une énorme contradiction avec le slogan du texte : « les citoyens d’abord ».
Dans ces conditions, on ne retrouve obligatoirement rien sur un gouvernement économique de l’Union qui permettrait pourtant de coordonner un plan de relance global et ambitieux.
Un texte encore trop largement « euro-béat »
Le texte prétend que l’action concertée des Européens a limité l’impact de la crise, ce qui est partiellement exact. Néanmoins, cette affirmation arrive dès l’introduction, comme une incantation visant à faire croire que c’est la concertation des sociaux-démocrates qui a permis d’éviter la crise, et, plus grave, que l’Europe est déjà dotée des instruments de gouvernance économique qui lui permettent de mener des actions fortes dans tous les pays membres. On sait bien pourtant que la présidence française a notamment échoué à produire un plan européen global et que ce sont les Etats qui agissent directement, dans des sens parfois très différents.
Aucune remise en cause de la social-démocratie
Le PSE aborde ces élections européennes en considérant qu’il bénéficie encore d’une aura favorable auprès des électeurs de gauche et notamment des classes populaires et des classes moyennes : « Les partis de gauche, quand ils sont au pouvoir au niveau local ou national, améliorent concrètement la vie des citoyens. Les progrès obtenus par l’action des socialistes et sociaux-démocrates sont clairement visibles. ». Quid des échecs électoraux récents des sociaux-démocrates en Europe (13 sur les 16 dernières élections nationales) ?
De façon générale, le PSE cherche ici à faire croire que les politiques libérales destructrices des droits sociaux ont été menées par la droite européenne, sans son concours !
Les questions économiques majeures ne sont pas abordées et donc pas tranchées
La question du libre-échange n’est pas abordée. On ne trouve donc rien sur le tarif extérieur commun ou sur des règles de relocalisation des productions.
La question de l’harmonisation fiscale est écartée très clairement dans le Manifesto. Il est dit : « Nous agirons dans tous les Etats membres pour soutenir des politiques fiscales justes, garantissant le financement des systèmes de protection sociale des citoyens européens ». On ne trouve donc rien qui ressemble de près ou de loin au Serpent Fiscal Européen que nous défendions lors du congrès.
Un texte qui n’est pas à la hauteur des enjeux environnementaux
En affirmant la volonté de « créer une nouvelle croissance écologique et innovante », le texte reste clairement dans l’incantation. On y trouve bien la volonté de développer les systèmes de transports (ferroviaires, urbains…), les réseaux de transport d’énergie, de mener des actions concertées pour des économies d’énergie, ou encore d’augmenter les investissements dans ce domaine, mais rien n’est chiffré, si ce n’est la volonté de créer 10 millions d’emplois à l’horizon 2020.
Plus loin dans le texte, la « lutte contre le changement climatique » donne lieu à la déclinaison de vœux pieux pour atteindre un objectif de 30 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020. Pour cela, les deux mesures mises en avant sont :
- « une directive européenne complète sur le climat »
- « une politique énergétique commune fondée sur le développement durable, sur la sécurité et l’indépendance énergétique, sur la diversification des sources d’énergie et sur la solidarité entre Etats européens en cas de crise. »
En clair, aucune mesure réellement contraignante comme la mise en place d’une fiscalité « verte » européenne.
III ) Quelles propositions pour dépasser ce document ?
A partir des pistes explorées lors du congrès dans les différentes motions, on peut dégager trois axes de propositions :
Une Europe puissance contre la crise : instaurer un véritable gouvernement économique de l’Union qui coordonnera un plan de relance européen
Des propositions qui doivent faire consensus :
- revenir sur le statut de la BCE
- augmenter le budget de l’Union
- lancer des grands emprunts
- créer un fonds d’investissement européen
- mettre en place une taxe carbone
- créer une Communauté Européenne de la Recherche et de l’Industrie
- lutter contre les paradis fiscaux
Des propositions UMA (motion C) :
- créer un impôt européen sur les sociétés
- proposer un New Deal chiffré
- activer le tarif extérieur commun
- établir des règles pour la relocalisation des productions à l’intérieur de l’Union
- mettre en place le Serpent fiscal européen
Une Europe qui protège : l’Europe doit être le cadre de création d’un nouveau modèle social
Des propositions qui doivent faire consensus :
- préciser la volonté de créer un traité social
- défendre l’idée d’une directive cadre sur les services publics
- mettre en place un salaire minimum européen
- imposer une clause de sauvegarde sociale pour toutes les directives
Des propositions UMA :
- lancer un moratoire immédiat sur les libéralisations en cours et donner la possibilité, pour chaque pays, de revenir sur les dérégulations
- organiser la convergence progressive des standards sociaux de base pour tous les pays membres de l’Union
Une Europe lisible et compréhensible pour les citoyens de l’Union
Des propositions qui doivent faire consensus :
- renforcer les pouvoirs du Parlement européen
- créer un gouvernement européen responsable devant le Parlement
- prendre des engagements sur le mandat d’eurodéputé (mandat unique, présence…)
Des propositions UMA :
- faire une pause dans le processus de ratification du traité de Lisbonne et mettre en place un calendrier de travail sur des réformes institutionnelles par étape (un premier chantier pourrait concerner les pouvoirs du Parlement et le renforcement de son rôle de contrôle sur la Commission)
- mettre fin à la culture du compromis avec la droite européenne au Parlement
- prendre l’engagement de dialoguer avec la Gauche unitaire européenne
03 février 2009
Sans commentaire...
02 février 2009
www.agirvraimentcontrelacrise.fr
http://www.agirvraimentcontrelacrise.fr/
30 janvier 2009
Hamon : "La réponse, c'est améliorer le pouvoir d'achat des Français"
LEMONDE.FR | 30.01.09 | 11h04 • Mis à jour le 30.01.09 | 11h04
Katia : Quel bilan tirez-vous de la grève d'hier ? Quelles sont les suites possibles/souhaitables à vos yeux ?
Benoît Hamon : C'est un succès pour les organisations syndicales qui préparaient ce rendez-vous depuis plusieurs semaines.
C'est
ensuite un signal d'alarme pour le gouvernement, qu'il serait bien
inspiré d'entendre, car il y avait eu de nombreux avertissements au
préalable, qu'il n'avait pas entendus.
Je pense que la seule et unique réponse qui peut permettre de relancer le dialogue social porte sur le pouvoir d'achat, les salaires, les minima sociaux, les retraites, et tout ce qui peut immédiatement améliorer le pouvoir d'achat des Français.
RACHID : Que
répondez-vous à l'argument selon lequel une relance par la consommation
serait inefficace puisqu'elle ne ferait que favoriser les importations
?
Je ne sais pas où on a été pêcher que quand les Français achetaient, ils ne consommaient que des produits étrangers, alors qu'aujourd'hui 75 % des produits et services consommés par les Français sont des produits ou services produits en France.
C'est un argument de l'UMP pour justifier son refus de baisser la TVA. Mais c'est un argument économique irrecevable au regard de ce qu'est la structure de la consommation des ménages français.
J'ajoute que soutenir le pouvoir d'achat des Français, c'est renforcer la consommation, c'est remplir le carnet de commandes des entreprises, et donc à terme créer des emplois.
lolo : Comment le PS compte-t-il faire pour peser sur les réformes ?
Le PS a rendu public son plan de relance de l'économie. Nos propositions sont donc sur la table. Et j'observe que sur la relance du pouvoir d'achat, sur l'emploi, comme sur la lutte contre les licenciements abusifs, nos propositions convergent avec plusieurs plates-formes syndicales. Ce qui explique au passage qu'il était parfaitement légitime que les socialistes manifestent hier.
Cela étant dit, la balle est dans le camp du gouvernement : soit il continue à se retrancher entre les murs de Matignon et de l'Elysée, sourd au mécontentement des Français, et obstiné à mettre en oeuvre une politique qui a d'ores et déjà échoué, soit il permet à la démocratie de respirer et s'ouvre aux propositions de l'opposition et des syndicats, ce qui appellera forcément une sérieuse remise en cause des choix politiques mis en oeuvre jusqu'à présent.
Schwab
: Pensez-vous qu'il serait possible, comme l'envisage Gäétan Gorce, de
négocier avec la majorité un certain nombre de mesures inspirées du
contre-plan de relance ?
On est dans des institutions aujourd'hui qui renvoient face à face l'opposition et la majorité. Pour qu'il puisse y avoir un compromis sur la réponse à la crise, encore faudrait-il que nous soyons d'accord sur le diagnostic de cette crise.
Est-ce une crise systémique (structurelle) ou une crise conjoncturelle ? La fonction des plans de relance est-elle de remettre les marchés financiers sur pied ou de profondément les règles du jeu du système ? Voulons-nous, oui ou non, modifier en profondeur la répartition capital-travail ? Etc.
Il ne me semble pas aujourd'hui que le gouvernement et le président de la République aient compris que nous sommes confrontés à un véritable renversement de cycle et que leur plan de relance ne doit pas chercher à sauver le système tel qu'il était, il aurait dû aider à préparer l'avenir et à construire les nouvelles régulations indispensables.
C'est pour cela que je crois extrêmement difficile la possibilité de parvenir à une réponse commune à la crise. Nous ne voyons pas la même chose. Nous ne voulons pas la même chose.
Patrick : Comment envisageriez-vous de réformer les lycées et les universités si vous étiez au pouvoir ?
D'abord,
la première urgence que nous proposons dans notre plan de relance,
c'est de stopper ce plan social qui affecte aujourd'hui l'éducation
nationale qui prétend qu'on améliorera la qualité par la diminution du
nombre d'adultes dans les écoles, collèges et lycées de France.
Je
pense que l'éducation reste, en dépit de toutes les déclarations, une
affaire de moyens. Et aujourd'hui, manifestement, ces moyens sont
insuffisants.
Ensuite, je pense qu'il faut à tout prix
lutter contre cette politique de renforcement des ghettos scolaires
mise en oeuvre aujourd'hui par l'actuel gouvernement, la suppression de
la carte scolaire renforcera la ségrégation sociale et la ségrégation
scolaire.
yannick : Les élections européennes sont les prochaines échéances
politiques. Peuvent-elles devenir le premier débouché politique à la
crise sociale en cours et le PS peut-il capitaliser sur le
mécontentement ?
Evidemment, le moment où se
dérouleront ces élections européennes conduira probablement une
multitude d'Européens à dire par leur vote quel type de sortie de crise
ils souhaitent.
D'abord parce que l'échelon européen est l'échelon pertinent pour répondre à une crise de cette intensité et de cette ampleur.
Et
ensuite parce que la majorité de droite, au Conseil comme au Parlement
européen, est directement responsable des conditions dans lesquelles la
crise s'est déployée en Europe.
La libéralisation à
outrance du marché intérieur, le démantèlement des services publics,
l'affaiblissement des modèles sociaux dans toute l'Europe, sont le
résultat non pas de la crise financière, mais des choix économiques et
politiques mis en oeuvre par la droite, majoritaire en Europe depuis
dix ans.
En conséquence, nous ferons, nous, de cette élection européenne, l'enjeu d'une bataille politique essentielle. Est-il ou non possible de changer de majorité en Europe, et donc de politique ? Nous militerons pour une majorité de gauche au Parlement européen, et donc une autre politique.
Isabelle : Serez-vous vous-mêmes candidat aux européennes en Ile-de-France ?
Je souhaite être candidat aux européennes. En Ile-de-France. A la place que mon parti jugera la meilleure.
Lucie : Pensez-vous que Ségolène Royal est un élément de "trop" ?
Comment le PS accueille-t-il la publication de son livre ?
Laurent Fabius a eu une excellente formule ce matin sur France-Inter, que je reprends à mon compte : "hier, c'était journée de grève, eh bien nous commençons aujourd'hui la grève des polémiques".
Je n'ai donc pas envie de commenter certaines remarques un peu acides
de Ségolène Royal à l'égard d'autres personnalités du Parti socialiste.
Il y a aujourd'hui trop de raisons de nous tourner vers les Français pour que nous cessions de nous intéresser à nous-mêmes.
Franck, Quimper : Le PS n'est-il pas "condamné" à passer des alliances avec le MoDem, les Verts, le NPA, le Parti de gauche... ?
C'est un sujet beaucoup plus simple qu'il n'y paraît.
1) Nous ne pouvons nous allier qu'avec ceux qui accepteraient un jour de gouverner avec nous.
2) Nous ne pouvons nous allier qu'avec ceux dont les orientations ne contredisent pas les nôtres.
Et cette question des alliances, qui se posera probablement dès les régionales, mais surtout aux élections nationales, ne doit être appréciée qu'à l'aune du projet politique et de la stratégie de transformation sociale que défendra le Parti socialiste, et du degré de compatibilité des uns et des autres par rapport à ce projet.
A mes yeux, le rassemblement et l'unité de la gauche restent le meilleur passeport pour vaincre un jour la droite et Sarkozy.
genifer : Seras-tu présent au congrès du Parti de Gauche et à celui du
NPA ? Que penses-tu des premiers pas du parti de Melenchon ?
Je
ne crois pas que nous ayons été invités au congrès du NPA. Nous avons
été invités au congrès du Parti de gauche, auquel nous enverrons
évidemment une délégation du secrétariat national du PS. Quant aux
premiers pas du Parti de Gauche, il ressemble à ce que faisait Jean-Luc
Mélenchon au sein du PS.
Mais je ne suis pas convaincu que la création d'un nouveau parti à gauche serve sérieusement le rassemblement de la gauche. Il me semble qu'il y a là quand même un petit paradoxe.
bakounine : Etes-vous socialiste ou social-democrate ?
C'est une distinction qui n'existe pas. Les socialistes français sont membres de la famille social-démocrate européenne. Et il existe dans cette famille, entre les travaillistes britanniques, les sociaux-démocrates allemands, suédois, les socialistes espagnols, les socialistes hongrois, une palette de nuances liées à leur histoire nationale, à leurs institutions, à l'histoire des luttes sociale dans chacun de ces pays, qui explique aujourd'hui qu'en tant que socialiste français, je me sente membre de la famille sociale-démocrate européenne sans pour autant en partager toutes les analyses.
sankha : Pensez-vous que la très médiatique élection d'Obama aux Etats-Unis peut être favorable à l'image de la gauche ?
Oui, parce qu'il appartient incontestablement à la même famille que nous, aux nuances américaines près. Ces nuances sont de taille, notamment sur la peine de mort, elles existent aussi sur le rôle de l'Etat.
Mais quand Barack Obama ferme Guantanamo, rompt avec le discours néoconservateur du choc des civilisations défendu par MM. Bush et Sarkozy pour s'adresser au monde musulman comme à un partenaire des Etats-Unis ; quand il dénonce les patrons américains qui se sont octroyé 14 milliards de dollars de bonus en 2008 en qualifiant leur attitude de summum de l'irresponsabilité ; ou quand aujourd'hui il conditionne les aides publiques aux entreprises américaines au maintien de l'emploi, il s'inscrit dans une tradition qui est celle de la gauche.
bakounine : Les socialistes peuvent-ils encore faire rêver quand on mesure ce qu'ils ont fait et ce qu'ils n'ont pas fait ?
Il y a une phrase d'un poète cubain, Nicolas Guillén, qui disait quelque chose comme : l'espérance, je la laisse pour les riches ; donne-moi la sécurité. Ce que je veux dire par là, c'est qu'aujourd'hui les réponses de la gauche doivent être orientées vers les problèmes concrets des Français, les salaires, l'endettement, le logement, l'accès à l'éducation, aux services publics.
C'est d'abord sur le réel que nous devons agir. Si l'espérance naît de cette action, c'est formidable, mais notre obsession doit être d'abord d'être utiles.
Jean-Michel Normand
29 janvier 2009
Le PSE soutient les salariés français qui ont manifesté aujourd'hui
Press Release
29 January 2009
WAVE OF FEAR SWEEPING ACROSS EUROPE
PES President Poul Nyrup Rasmussen today expressed his sympathy with and support for French workers on strike today in protest about job losses.
Poul Nyrup Rasmussen said “There is a tidal wave of fear sweeping across Europe. People are worried about their jobs, their pensions and their homes. People say that right-wing Governments like Sarkozy’s are very willing to bail out their friends in the banks but are much less concerned about ordinary wage earners losing their jobs.”
“What French workers are doing today reflects the concerns of workers and their families right across Europe.”
“I have said it before and I will say it again - Europe should be taking new and exceptional measures to stop the predicted loss of 3.5 million jobs across Europe this year. These job losses are unacceptable. These are not just statistics or economic trends, we are talking about people with families, with responsibilities, with the hope of giving their loved ones a decent future.”
“The Party of European Socialists has made it very clear that we believe Europe should set a target of maintaining employment at current levels – and that the European Recovery Plan should be made big enough to achieve this objective.”
At a PES leaders meeting on 30 November in Madrid, party leaders agreed that the ambition to “safeguard employment”’ and “promote smart green growth” should “determine the size and components of the European economic recovery plan.”
http://www.pes.org/content/view/1474/72 New measures needed to stop million of job losses, January 2009
http://www.pes.org/content/view/1461/1700098 Socialists demand ambitious recovery plan, December 2008
http://www.pes.org/downloads/PES_leaders_declaration_51108_EN.pdf PES Leaders declaration on taking Europe out of the crisis, November 2008
En grève !
Télécharger en PDF: AFFICHE_A2_SNES_BD





